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Pour une mobilité durable de qualité, il ne faut pas que de bonnes paires de chaussures ou des véhicules très peu émissifs en gaz à effet de serre et en polluants. Il est aussi nécessaire de disposer de rues, routes et ponts praticables. À l’approche de la diffusion sur France 5 de l’épisode « Réchauffement climatique : Nos routes vont-elles tenir ? », nous avons posé quelques questions à l’animateur vulgarisateur très apprécié de l’émission Le Monde de Jamy.
Ce lundi 12 octobre 2026 à 21h00, France 5 diffusera un nouvel épisode du Monde de Jamy, cette fois-ci consacré aux dégradations qui s’accélèrent sur le réseau routier français avec le réchauffement climatique. Ponts endommagés, bitume qui se liquéfie, fissures à répétition sur la chaussée, glissements des sols, laves torrentielles, chutes de rochers, etc. : les canicules et autres dérèglements amplifient des phénomènes que nous connaissions déjà.
Le tout se transforme en défis pour les collectivités en charge des infrastructures routières : « On ne pensait pas que le réchauffement climatique pourrait autant affecter les routes, pas à ce point. Mais, même si certaines sont en mauvais état à cause de cela, on peut toujours circuler en France. Parfois une route peut être fermée le temps des travaux. Ainsi en Maurienne, comme on peut le voir dans l’émission. On y circule à nouveau ».
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Interview – Jamy : « ma prochaine voiture sera électrique »Avec un poids financier toujours plus important au regard du nombre croissant de routes et ponts impactés, de nouvelles solutions s’ajoutent à celles qui ont déjà fait leurs preuves ou montré leurs limites pour réparer et repousser les rechutes.
Si vous ne le saviez pas encore, le nouvel épisode vous apprendra que le réseau routier français, avec son million de kilomètres de voies, est le plus dense d’Europe, deux fois plus qu’en Allemagne : « C’est historique et c’est dû à l’abondance de routes communales et départementales. C’est parce qu’il y avait beaucoup d’échanges commerciaux d’une région à l’autre, d’un village à un autre ».
En découvrant l’épisode « Réchauffement climatique : Nos routes vont-elles tenir ? », on ressort avec à l’esprit que les phénomènes de dégradation grignotent une part toujours plus grande, jusqu’à représenter plus de la moitié du réseau routier français. L’objectif du documentaire n’est pas d’établir une cartographie précise des zones les plus touchées, mais de comprendre et expliquer les situations.
Toutefois des sites ont pris plus de relief dans le documentaire : « Les régions montagneuses subissent davantage le réchauffement climatique, avec une hausse de l’ordre de 2,5 °C, contre 1,7 en plaine. Cet écart a une incidence sur les reliefs et sur les routes, avec une multiplication des éboulements. Avant, la période de gel pouvait durer de novembre à avril, mais aujourd’hui le thermomètre joue au yoyo avec une succession de phases de gel et de dégel tout au long de l’hiver, déstabilisant les sols ».
L’épisode fait d’ailleurs un important focus sur les moyens d’éviter que les éboulements détruisent des routes, des voies ferrées et des vies. En Suisse, Jamy a pu assister à une première : le test d’une solution déployée pour stopper la course des rochers les plus menaçants.
Afin de rendre quasiment palpables les phénomènes à l’œuvre, le documentaire s’appuie sur des séquences dans lesquelles on voit des personnes impactées. Ainsi un motard américain qui chute sur une route en France à cause d’une fissure dans la chaussée, et un automobiliste surpris par un éboulement aux conséquences heureusement limitées pour lui : « Ce n’est pas une production par intelligence artificielle ni des scènes montées, mais bien des images réelles trouvées après recherches sur Internet. L’équipe s’assure qu’elles sont libres de droit et non truquées. Dans la mesure du possible, on informe les auteurs du passage d’une de leurs séquences dans l’émission. Quand elles proviennent de France ou d’Europe, en général, on arrive à en trouver l’origine ».
Devant l’ampleur des phénomènes, les personnes en charge de la maintenance des infrastructures interrogées dans le documentaire évoquent souvent des travaux longs et coûteux en réparations ou en prévention. Il faut parfois creuser sous la route ou les bas-côtés pour empêcher les fissures causées par une succession de retrait/gonflement de l’argile. Maintenir des ponts n’est pas simple non plus, c’est pire encore quand ils se sont écroulés. Et, contre les glissements de terrain, la solution d’un drainage des eaux de pluie peut carrément apparaître trop onéreuse pour des résultats hypothétiques.
Alors que la situation budgétaire de la France est de plus en plus compliquée, devant autant distribuer des enveloppes pour limiter le dérèglement climatique que pour maintenir un minimum de prestations sociales et médicales, risque t-on de ne pas trouver les moyens pour continuer à maintenir le réseau routier ? Ce qui impliquerait très certainement des fermetures de routes et des ponts laissés à l’abandon. « C’est un risque, je ne peux pas dire s’il se produira ou pas. Tout dépendra des arbitrages réalisés. On ne pourra abandonner certaines routes ou certains ponts, même pour franchir un petit ruisseau quand il sert à se rendre dans la commune voisine où se trouvent le médecin, le dentiste, les commerces de bouche ou les grandes surfaces. Ces voies doivent rester praticables. C’est du ressort des Départements, des Régions et de l’Etat ».
Au niveau des communes, ça risque de coincer : « Celles qui ont peu d’administrés et peu de recettes pourront rencontrer des difficultés pour refaire une route ou un pont endommagé. Quelle serait la bonne formule pour financer les travaux ? Un état des lieux doit être fait le plus rapidement possible, car ce qui est accessible financièrement aujourd’hui ne le sera pas demain en cas d’aggravation ».
Dans le Cher, il a fallu tester plusieurs solutions avant d’en trouver une qui finisse par apporter de bons résultats ; en Savoie, de gros travaux ont permis de sécuriser une partie de la falaise pour une dizaine d’années, mais plusieurs centaines de mètres au-dessus un nouveau danger majeur a été détecté, d’une nature assez différentes.
Comment ceux qui doivent trouver des solutions et qui ont témoigné dans cet épisode vivent-ils ces challenges colossaux à répétition, avec confiance ou inquiétude ? « Je ne les ai pas tous rencontrés, mais c’est sans doute un peu de tout ça, avec un sentiment de débordement sûrement. Toutes ces personnes ne s’attendaient pas à ce qu’autant de problèmes surgissent en même temps à cause du réchauffement climatique. Ce sont plusieurs phénomènes qui se cumulent. Il y a les inondations, les retraits/gonflements des routes qui concernent plus de la moitié du territoire, les canicules provoquant le ressuage de la chaussée et une mauvaise adhérence en passant dessus. Avec tout cela, il y a du boulot ! ».
C’est ce que l’on ressent très bien en se laissant emporter par « Réchauffement climatique : Nos routes vont-elles tenir ? » : « Mon sentiment est qu’il faudrait qu’une étude département par département soit réalisée pour avoir une vraie photographie de la situation. Ce n’est toutefois pas le rôle de notre émission et ça demanderait des moyens que nous n’avons pas ».
A la fin de ce documentaire qui met en avant différentes pistes pour adapter le réseau routier au réchauffement climatique, Jamy rappelle la nécessité de réduire nos émissions de gaz à effet de serre : « Chaque dixième de degré évité compte pour éviter la sortie de route ».
Que pense l’infatigable lanceur d’alertes concernant les actions entreprises par les institutions, les sociétés et les citoyens ? Est-ce que ça va assez vite ? « Je pense que les choses pourraient avancer plus vite, ce qui ne veut pas dire que rien n’est fait. On peut toujours aller plus vite. Il y a deux choses. Tout d’abord un travail d’adaptation à faire. Mais ce n’est pas parce qu’on s’adapte qu’il faut abandonner la réduction des gaz à effet de serre. Et ce, pour que les dégâts soient moins importants. Chaque dixième de degré gagné est bénéfique, permettant une adaptation moins douloureuse. C’est plus facile de s’adapter si la hausse de la température est limitée à 2,5 °C plutôt que d’atteindre les 3° ».
Fin 2024, nous avions déjà eu l’occasion de poser quelques questions à Jamy. C’était juste avant la diffusion de l’épisode intitulé « Voiture, avion, climat : peut-on encore voyager ? ». Pleinement en phase avec le contenu de ce documentaire, il avait alors évoqué sa propre mobilité, nous confiant se déplacer à Paris à vélo et penser adopter la voiture électrique.
Où en est-il aujourd’hui ? « Je suis toujours vélotafeur, et pour plusieurs raisons. D’abord par confort. Chacun voit son confort où il le veut. Pour moi, il s’agit d’éviter le stress, par exemple pour chercher une place où garer la voiture. Le vélo me permet d’arriver à l’heure à mes rendez-vous. C’est la première raison. En plus, ce moyen de transport n’émet pas de CO2. C’est mieux. Tout se rejoint le plus souvent. « À titre personnel, je suis effectivement bien passé à la voiture électrique ».
Dans l’épisode qui sera diffusé ce lundi 12 octobre 2026, Jamy est au volant d’une Citroën ë-C3 Aircross : « Il s’agit d’une voiture de location. Nous essayons, autant que faire se peut, de trouver une électrique pour les tournages, prenant ce qui est disponible ».
Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Jamy pour son accueil, sa disponibilité et son témoignage que nous avons sollicité.
Pour rappel, toute contribution désobligeante à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimée. Merci de votre compréhension.
Philippe SCHWOERER
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Lorsqu'on voit ce que le réchauffement climatique fait aux maisons avec le retrait/gonflement des terrains argileux après une période de sécheresse, on se doute bien que les infrastructures routières subissent encore plus le stress du climat.
J'ai en mémoire la RN151 qui traverse la Nièvre sur des terrains argileux et qui coûte une fortune à entretenir car la chaussée s'effondre fréquemment à cause des mouvements de l'argile.
https://france3-regions.franceinfo.fr/bourgogne-franche-comte/nievre/c-est-l-horreur-ca-exaspere-tout-le-monde-toujours-menacee-d-effondrement-la-n151-et-le-casse-tete-de-la-circulation-des-poids-lourds-3319053.html
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Actualité21 septembre 2026
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