Témoignage – Après 48 000 km en MG4 électrique, Jean-Charles nous partage l'état de sa batterie et son bilan

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La MG4 Luxury de Jean-Charles
La MG4 Luxury de Jean-Charles

A Grasse (06), chez Jean-Charles, on roule en électrique depuis 2020, d’abord avec une Renault Zoé 52 kWh, remplacée au terme de la LLD par une MG4 en finition Luxury. Si cette compacte branchée n’est pas parfaite, son comportement s’est toutefois amélioré au rythme de quelques mises à jour. Comme il ressent toujours du plaisir à la conduire, notre lecteur pense utiliser encore quelques années ce véhicule.

Les raisons d’adopter l’électrique

Jean-Charles est passé à l’électrique déjà par écologie : « J’y suis sensibilisé et ça me posait des problèmes de conscience de rouler avec des voitures thermiques ». A 43 ans, et en une vingtaine d’années, il n’a pas eu beaucoup de voitures, et encore moins des modèles imposants : « Avant la Renault Zoé 52, j’avais une Nissan Micra essence à boîte de vitesses mécanique. Encore plus tôt, à partir de l’obtention du permis de conduire, j’ai enchaîné des Renault Super 5, Clio et une Twingo que j’ai conservée 12 ou 13 ans ».

D’autres raisons d’adopter l’électrique s’étaient invitées dans la réflexion de notre lecteur : « J’enseigne la physique et la chimie dans un collège à une quinzaine de kilomètres de chez moi. L’essence n’était pas encore aussi chère que maintenant, mais il y avait aussi l’idée de réaliser des économies. Dans ma résidence, j’ai une place de parking juste en face de chez moi. Ce qui m’a permis d’installer une prise renforcée dans le jardin. Après avoir bénéficié d’un abonnement Tempo chez EDF, j’ai souscrit à une offre chez Octopus avec une réduction de 20 % sur le tarif réglementé ».

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À cela s’ajoute une sensation confirmée à l’usage : « Aujourd’hui, il me serait difficile de revenir au thermique. La Renault Zoé m’a convaincu qu’une voiture électrique est plus simple d’utilisation et qu’elle est plus agréable à conduire : il n’y a plus de bruits de moteur ni d’à-coups. En 2020, les VE étaient déjà aboutis et permettaient aussi de partir en vacances. Bien que nous n’ayons pas d’enfant, la Nissan Micra était un peu trop petite. Comme nous n’avons qu’une seule voiture pour nous deux, nous roulons donc uniquement électrique depuis six ans ».

Voyager loin sans recharge rapide

Si la Renault Zoé 52 kWh a offert au couple pendant les trois ans de la LLD suffisamment d’autonomie pour les vacances et les week-ends, un équipement a toutefois manqué, sans pour autant bloquer l’utilisation ni ternir l’agrément de rouler en VE : « Je n’avais que le 22 kW AC. A l’époque, je n’avais pas retenu l’option pour la recharge rapide, car elle coûtait tout de même dans les 1 000 euros. Avec le recul, si c’était à refaire, je la prendrais. Même pour les vacances, nous avons accepté que notre voiture recharge assez lentement ».

Ce qui n’a pas empêché d’aller loin avec cette Renault Zoé : « De chez nous jusqu’à Rennes, il y a environ 1 200 km que nous avons parcouru en deux jours. Comme nous savions qu’il nous faudrait prendre notre temps, je m’étais fixé comme challenge de ne recharger sur le trajet aller que sur des bornes gratuites, notamment sur les parkings des grandes surfaces. Réussi ! Toutefois, au retour, nous ne l’avons pas refait car c’était tout de même pas mal de contraintes. C’est aussi là que nous avons pu remarquer que les bornes dans l’espace public ne fonctionnent pas toujours bien ».

Cette première électrique pour le couple présentait toutefois une anomalie que Renault n’a jamais réussi à éliminer et qui était indépendante du niveau de recharge dans la batterie : « De façon aléatoire, la régénération s’arrêtait, et l’on se retrouvait en roues libres pendant quelques secondes. Le problème pouvait ne pas se présenter pendant plusieurs jours puis survenir assez fréquemment ensuite. Chez Renault, on nous a dit que c’était un comportement très rare, et rien n’a pu être fait pour que ça disparaisse ».

Le choix de la MG4

Pas de location pour la voiture électrique qui a remplacé la Zoé : « Nous voulions acheter notre nouveau modèle, une berline de préférence, avec un budget maximal de 25 000 euros. C’est pourquoi nous avons regardé du côté des Tesla Model 3 et Renault Megane E-Tech. Mais a équipement et autonomie similaires, cette dernière ressortait 6 000 à 7 000 euros plus chère que la MG4. De plus, nous l’avions trouvée très rapidement agréable à conduire. Dans sa finition haut de gamme Luxury, elle était à 34 000 euros au tarif catalogue ».

En déduisant les aides, le montant du chèque à signer s’inscrivait dans le budget : « En 2023, nous avons bénéficié de 6 000 euros de bonus et de 5 000 de la part du département. Il ne nous restait plus qu’à débourser 23 000 euros pour notre MG4 Luxury. En concession, j’avais demandé à pouvoir disposer sur une journée du modèle d’essai, mais on nous a répondu que ce n’était pas possible car il y avait trop de demandes. Finalement, nous n’avons pu l’avoir qu’une heure, la testant un peu sur l’autoroute, aussi en ville. Nous étions seuls à bord ».

Une heure, ça reste trop juste pour découvrir au mieux une nouvelle voiture : « J’ai roulé à son volant une quarantaine de minutes, et ma compagne un quart d’heure. Nous nous sommes surtout aperçus que la MG4 était bien plus dynamique que notre Zoé. Nous n’avons pas pu remarquer les défauts de jeunesse de cette voiture électrique dont la commercialisation en France remontait à seulement quelques mois. Ils portaient en particulier sur les aides à la conduite et sur toute la partie logicielle. Avec les mises à jour, ça s’est amélioré, mais ça reste encore très perfectible ».

« On aurait aimé une grosse mise à jour pour tout régler »

Jean-Charles nous signale avoir vécu quelques frayeurs à cause des aides à la conduite : « En particulier sur les routes départementales et en campagne quand le marquage au sol n’était pas bien visible. Nous avons parfois connu des coups de volants brutaux et la sensation que la MG4 allait nous envoyer dans le décor. De gros coups de frein aussi, soit en raison d’une voiture arrivant en face en étant un peu trop sur sa gauche, soit sur autoroute quand un véhicule devant nous était trop à droite sur la voie de gauche. C’est beaucoup moins fréquent aujourd’hui, mais ces phénomènes n’ont pas complètement disparus ».

Si encore c’était simple d’inhiber ces assistances ! « Quand on n’a pas pensé à les déconnecter avant de partir, c’est compliqué de le faire en roulant. Il faut naviguer dans des menus pas très pratiques. Ce serait beaucoup mieux géré sur la nouvelle MG4 en finition Premium. Nous devons faire aussi avec des bugs sur la partie logicielle. Nous avons des problèmes de connexion via Android Auto. Une fois sur deux, le smartphone n’est pas reconnu. Parfois, ça coupe en roulant. Il faut alors débrancher puis rebrancher l’appareil ».

Ce n’est pas très net non plus du côté de l’assistant vocal : « Parfois la voiture vous parle et vous coupe dans votre conversation avec d’autres personnes à bord, disant par exemple : ‘Il me semble que vous m’avez demandé…’. A force, on s’y fait, mais ça reste très fouillis aussi pour naviguer dans le système à partir de l’écran : ce n’est ni très logique ni très bien fait. On aurait aimé une grosse mise à jour qui règle tout les problèmes en même temps, mais celles que nous avons eues n’en corrigent qu’une partie, quand elles n’en créent pas de nouvelles anomalies ».

Jusqu’à 1 000 km dans la journée

A l’occasion des vacances, la MG4 de Jean-Charles parcourt de longues distances dans la journée : « Le trajet le plus lointain a été d’un millier de kilomètres environ depuis chez nous pour nous rendre dans le Morvan. Avec notre MG4, nous avons déjà fait plusieurs fois des voyages de 800 à 1 000 km. Je peux préparer un peu à l’avance en utilisant ABRP ou le planificateur de Chargemap, mais aussi m’élancer directement. Pour les grands déplacements, la différence en temps devient de plus en plus négligeable entre électrique et thermique ».

Notre lecteur n’a connu qu’une seule fois une station de recharge pleine, à son arrivée avec sa MG4 à batterie de 61,7 kWh exploitables : « Il m’a suffi de me rendre à la station suivante où des bornes étaient disponibles. En rechargeant vers 30 % d’énergie dans la batterie, je fais en sorte de ne pas me mettre en difficulté pour cause de station pleine ou de bornes en panne. C’est mon côté prévoyant. Mais si j’étais plus aventurier, ça passerait aussi. Une seule fois j’ai vu des câbles coupés et volés, mais je n’avais pas besoin de brancher ma voiture ».

Pour la recharge en itinérance, Tesla reste une valeur sûre : « J’aime aller là où ça marche bien et où c’est efficace. Comme il y a souvent pas mal de chargeurs, j’ai toujours trouvé de la place chez Tesla et les tarifs sont souvent intéressants. Ce sont parfois des offres qui vont me décider à passer par certains opérateurs. Ainsi, cet été, chez Atlante. Je privilégie la tranquillité et le côté pratique. C’est moins évident sur les bornes publiques AC où la recharge ne veut pas toujours se lancer et où les étapes à respecter ne sont pas toujours dans le même ordre. Il faut savoir être patient ».

Autonomies et consos

La MG4 de Jean-Charles sait se faire relativement sobre : « En cycle mixte avec de la voie rapide, de la départementale et de la ville, par une température extérieure entre 15 et 20° C et sans chercher à faire des records d’éco-conduire, je vais être à 12 kWh/100 km. En hiver, ce sera plutôt entre 14 et 15 kWh. Sur l’autoroute, à 110 km/h, j’ai observé une conso de 18 kWh/100 km, et ça peut grimper jusqu’à 25 en roulant à 130. C’est toutefois quand on cumule de petits trajets de 4 à 5 km que la MG consomme le plus ».

Sur l’autoroute, en n’exploitant que de 30 à 80 % d’énergie dans la batterie, l’autonomie est assez restreinte : « Je compte sur environ 180 km, m’arrêtant au bout de 1 h 30 à 2 h 00. Ma compagne apprécie des arrêts courts et plus nombreux. Au bout de 15 à 20 minutes, nous sommes déjà repartis. Sur de grands trajets, lorsque je suis fatigué, elle prend le volant. L’électrique lui va très bien aussi, et elle ne se verrait pas reprendre une thermique. On part davantage en vacances depuis qu’on roule en VE qu’avec nos anciennes thermiques fatigantes de bruits et de vibrations ».

Et pour les déplacements du quotidien ? « En rechargeant à 100 %, et en ne descendant pas en dessous de 10-15 %, on a 450 km d’autonomie aux beaux jours, et 350 l’hiver. Le freinage régénératif est bien, sans être très puissant. Comme notre MG4 n’a pas le One-Pedal, je n’y pense pas en général. Si cette fonctionnalité avait au moins été proposée en option, je l’aurais prise, car je me dis que ce serait très pratique en ville. Aujourd’hui, le compteur affiche dans les 48 000 km, et l’état de santé SoH de la batterie est à 97 % ».

D’autres électriques au collège

La MG4 n’est pas vraiment une voiture électrique spacieuse : « Le coffre n’est pas très grand et, si je recule le siège à fond, il vaudra mieux que la personne assise derrière ne soit pas très grande. Pour un couple avec deux ou trois enfants, la MG4 serait trop juste en voiture unique ». Concernant l’accueil à la concession où il a signé pour cette voiture, « c’est vraiment le strict minimum ! Lors de l’achat, le personnel n’a été ni aimable, ni commercial, et je n’ai pas reçu beaucoup d’explications. J’ai bénéficié d’un bien meilleur accueil dans d’autres concessions MG ».

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Jean-Charles a constaté la progression des VE parmi ses collègues : « Lorsque j’avais la Renault Zoé, une collègue avait un modèle plus ancien à batterie 22 kWh. Depuis que j’ai la MG4, d’autres sont venus me voir. J’ai a priori réussi à en convertir un qui a également pris une MG4, et deux de plus ont chacun une Fiat 500e en voiture secondaire. L’augmentation du prix des carburants est très incitative. Parmi les 150 élèves de troisième du collège, cinq ou six viennent en Citroën Ami ».

Notre lecteur ne pense pas se séparer sous peu de sa MG4 : « En raison des prix actuels sur les VE et des délais de six à douze mois pour les recevoir, je préfère rester avec cette voiture dont je suis content, avec laquelle je n’ai pas eu de gros problème, et qui me procure toujours du plaisir en la conduisant. Si je devais toutefois prendre un nouveau modèle aujourd’hui, une Tesla Model 3 plus abordable aurait pu m’intéresser, mais la place devant chez moi n’est pas grande et cette voiture ne serait pas pratique pour aller en ville. Je serais davantage attiré par une citadine polyvalente comme la Renault 5 E-Tech ou la Volkswagen ID. Polo ».

Automobile Propre et moi-même remercions beaucoup Jean-Charles pour son excellent accueil, sa grande réactivité et son témoignage proposé après notre appel à retours d’expériences auprès de nos lecteurs.

Afin de ne pas décourager nos lecteurs de témoigner dans le futur, tout commentaire désobligeant à l’encontre de nos interviewés, de leur vie, de leurs choix, et/ou de leurs idées sera supprimé. Merci de votre compréhension.

Avis de l'auteur

Pour beaucoup d'automobilistes, pas question de trop dépenser pour passer à l'électrique. Dans ce cas, le marché de l'occasion offre aujourd'hui une grande diversité de modèles. Mais l'on trouve aussi des VE neufs accessibles dans un budget raisonnable, surtout lorsqu'il est possible de bénéficier d'une aide importante à l'achat. En 2023, et pour Jean-Charles, la MG4 déjà bien équipée était très séduisante. La plupart de nos lecteurs savent bien que ce modèle présente quelques défauts, qu'il est possible de dépasser au regard de ce qu'il peut permettre de vivre. Par exemple aller en vacances sans se ruiner. Jean-Charles l'a expérimenté lors de son trajet jusqu'à Rennes en trouvant des possibilités gratuites de recharge. Si elles se font de plus en plus rares, il en existe encore. Dans ce témoignage, nous retrouvons à nouveau réunies les trois raisons principales qui poussent à adopter l'électrique : conscience environnementale, économies, et plaisir de conduire.

Philippe SCHWOERER

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