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Sous ses airs de grande citadine ou de petit SUV, à vous de choisir, la Renault 4 électrique a-t-elle suffisamment d’atouts pour devenir la voiture principale du foyer ? Pour le savoir, nous avons parcouru près de 800 km en ville, sur des routes secondaires et une bonne partie d’autoroute (avec notamment un Paris-Caen d’une traite). Confort, agrément, consommation, recharge, autonomie : nous l’avons confrontée à tous les usages du quotidien. Voilà notre avis !
Avons-nous réellement besoin d’un gros SUV pour emmener les enfants à l’école, aller au travail, faire les courses et prendre l’autoroute quelques fois dans l’année ? On entend encore (trop) régulièrement qu’une voiture principale doit être grande et pouvoir avaler 800 km d’autoroute sans que son conducteur ait à s’arrêter.
C’est avec cette question en tête que nous avons pris le volant d’une Renault 4 électrique équipée de la batterie de 52 kWh et du moteur de 150 ch. Une configuration annoncée autour de 400 km d’autonomie WLTP et capable d’accepter jusqu’à 100 kW en courant continu. Sur le papier, ce n’est ni une reine de l’autoroute, ni juste une citadine destinée à faire des tours de quartier. Et dans la réalité ?
C’est probablement en ville ou en zone péri-urbaine que la R4 donne immédiatement le meilleur d’elle-même. La conduite est très souple, les commandes simples et la voiture se place facilement. Son gabarit est raisonnable et son bon rayon de braquage est appréciable dès qu’il faut manœuvrer ou se faufiler dans une rue étroite. Les 150 ch ne transforment évidemment pas la R4 en voiture électrique sportive, mais ce n’est pas ce qu’on lui demande. La puissance disponible suffit largement dans la circulation quotidienne et permet surtout de s’insérer ou de dépasser sans se prendre la tête.
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Les voitures électriques vieillissent-elles mieux que les thermiques ? Cette grande étude apporte une réponseTout n’est pas parfait pour autant. Le commodo de sélection des vitesses nous a semblé manquer franchement de sensibilité. Passer de D à R ou sélectionner le mode souhaité demande parfois un geste plus appuyé qu’attendu. Ce n’est pas grand chose, certes, mais c’est précisément le genre de détail que l’on remarque lorsque l’on utilise une voiture plusieurs jours. Même constat avec la conduite « one pedal ». À basse vitesse, le freinage peut se montrer un peu trop mordant et demander un petit temps d’adaptation pour conserver une conduite parfaitement fluide. À l’inverse, lorsqu’on roule plus vite, nous aurions aimé davantage de retenue. Le calibrage donne l’impression d’être à contretemps.
La R4 évite heureusement la course aux écrans XXL. Les deux dalles trouvent un compromis assez convaincant. Elles sont suffisamment grandes pour afficher clairement les informations, sans donner l’impression d’avoir installé une télévision au milieu de la planche de bord. L’ergonomie demande néanmoins quelques kilomètres d’apprentissage. Entre les commandes physiques et le contrôle du volume placé au-dessus de l’écran central, on cherche un peu ses repères au début. Après quelques trajets, les automatismes arrivent et cela ne constitue plus vraiment un problème.
Impossible de ne pas parler de la caméra de recul. Son image est totalement floue. Sur une voiture commercialisée en 2026, cela fait désordre, d’autant que cet équipement est justement utilisé dans des situations où une bonne définition est utile. Ce n’est évidemment pas rédhibitoire pour choisir une voiture, mais la qualité d’affichage paraît en décalage avec le reste de la présentation. À l’avant, les kilomètres s’enchaînent plutôt facilement. La R4 n’offre pas le confort ou le niveau d’insonorisation d’une grande berline, mais elle ne donne pas non plus le sentiment d’être une petite voiture incapable de voyager.
Sur autoroute, notre modèle équipé du toit ouvrant électrique en toile Plein Sud laisse logiquement passer davantage de bruits qu’un pavillon traditionnel. Mais ça reste tout à fait acceptable, y compris après plusieurs heures au volant.
Le sujet des places à l’arrière est plus délicat. Deux enfants y trouveront leur place sans difficulté, mais l’espace disponible n’a évidemment rien à voir avec celui d’un SUV. Les adultes installés derrière apprécieront moins les longs trajets. Mais il faut remettre les choses dans leur contexte : la Renault 4 mesure 4,14 m de long.
Demander l’espace d’un Scénic à un véhicule de ce gabarit serait injuste. Pour un couple avec un ou deux jeunes enfants, l’ensemble est cohérent, à condition de ne pas faire du confort aux places arrière le premier critère d’achat. Le coffre est plus convaincant. Son seuil de chargement bas facilite vraiment la vie au quotidien. Courses, sacs ou valises trouvent facilement leur place, et l’accès est également intéressant lorsqu’il faut faire monter un chien. Cette accessibilité participe d’ailleurs beaucoup à l’impression générale de polyvalence. La R4 n’est pas immense, mais elle exploite correctement son gabarit.
Et sur l’autoroute, ça donne quoi ? C’est peut-être le sujet qui inquiète le plus lorsqu’on envisage d’acheter une voiture électrique comme unique (ou principale) voiture du foyer.
Notre trajet entre Paris et Caen constituait un bon test : 226 km presque exclusivement sur l’A13, à une vitesse stabilisée autour de 128 km/h lorsque les conditions le permettaient. Nous sommes partis avec une batterie chargée à 100 % et sommes arrivés avec 10 %. L’ordinateur de bord affichait une consommation moyenne de 19,4 kWh/100 km. Pour une voiture électrique de ce gabarit, le résultat nous paraît plutôt correct.
Il montre aussi assez clairement ce que l’on peut attendre de la R4 dans ces conditions. Il faut compter autour de 230/240 km d’autoroute avec une charge complète, évidemment davantage si l’on ralentit et moins lorsque les températures chutent ou que les conditions sont mauvaises. Est-ce suffisant ? Pour un Paris-Caen, oui, puisque le trajet passe sans arrêt. Pour traverser la France, c’est plus exactement la même chose. Il faudrait par exemple au moins 5 pauses pour faire un Caen-Marseille (environ 1 000 km). Bon, ce n’est tout de même pas un trajet qu’on fait tous les jours.
Sur l’ensemble de notre essai, la consommation a été plutôt correcte. Après près de 800 km parcourus, l’ordinateur indiquait 16,1 kWh/100 km. Et nous n’avons pas spécialement cherché à battre un record d’éco-conduite. Sur ces 800 km, environ 450 ont été réalisés sur autoroute. Routes secondaires et déplacements urbains ont permis de faire baisser la moyenne, mais le résultat est intéressant compte tenu du profil du parcours.
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Essai Renault R4 E-Tech : la nostalgie n’a pas de prix !Avec 52 kWh utilisables, cela permet d’envisager approximativement 300 km réels sur un parcours varié sans devoir exploiter toute la batterie. En usage quotidien, atteindre ou approcher les 400 km est envisageable dans de bonnes conditions et avec beaucoup de ville ou de zones péri-urbaines. De quoi relativiser la question de l’autonomie. Pour la très grande majorité des journées, nous n’avons jamais eu l’impression de manquer de kilomètres. Le problème apparaît surtout le jour où l’on veut enchaîner 500, 600 ou 800 km.
Côté recharge, la R4 accepte au maximum 100 kW en courant continu, Renault annonce officiellement 30 minutes pour passer de 15 à 80 %. Soyons honnêtes, ce n’est pas catastrophique. Mais en 2026, c’est difficilement acceptable sur le véhicule principal du foyer. Il nous a fallu 22 minutes pour passer de 10 à 60 %. À ce moment-là, le calculateur annonçait encore 14 minutes pour atteindre 80 %. Soit environ 36 minutes au total pour un 10-80 % si l’estimation avait été respectée. Lors d’une autre recharge, nous sommes restés 59 minutes à la borne pour passer de 10 à 100 %. C’est long…
Pour une famille qui traverse la France l’été, ça semble juste. Avec seulement 250 km d’autonomie sur autoroute et une recharge qui dépasse facilement la demi-heure lorsque l’on veut récupérer beaucoup d’énergie, les arrêts finissent par peser sur le temps de parcours. Et c’est finalement là que nous situons la principale limite de la R4. Nous pourrions assez facilement nous satisfaire de son autonomie : après deux heures ou deux heures et demie d’autoroute, une pause n’a rien d’absurde. Nous aimerions simplement que cette pause permette de repartir plus rapidement.
En revanche, aucun problème pour le quotidien. Pour ceux qui peuvent se brancher à la maison, la R4 électrique constitue une bonne solution. C’est au moment des longs trajets que cela devient plus compliqué.
Après 800 km, notre réponse est plutôt oui. Et pas uniquement pour un couple qui ne quitte jamais la ville. La R4 possède selon nous le gabarit qu’il faut pour assurer l’essentiel : facile à utiliser au quotidien, suffisamment confortable pour prendre l’autoroute, un coffre pratique, quatre vraies places et une consommation raisonnable. Son moteur de 150 ch est amplement suffisant et son comportement ne donne jamais l’impression de conduire une voiture pensée uniquement pour les trajets urbains.
Il faudra simplement accepter deux compromis. Le premier concerne l’espace aux places arrière, correct pour des enfants mais moins adapté si quatre adultes voyagent régulièrement. Le second, plus important, concerne la vitesse de recharge en courant continu (DC). Pour quelques grands départs dans l’année, cela reste parfaitement gérable. Pour une famille qui avale régulièrement de très longues distances, les arrêts fréquents et relativement longs pourront devenir pénibles. À vous de juger !
Notre version Techno Plein Sud 52 kWh et 150 ch débute actuellement à 37 290 € avant déduction du Coup de Pouce pour les voitures électriques (3 620 €). Ça donne finalement un tarif à 33 670 €. Ce n’est pas une petite somme, mais il est possible de se rabattre sur la R4 d’entrée de gamme sans le toit ouvrant en toile (petite batterie de 40 kWh, soit 308 km d’autonomie WLTP et 120 ch) pour 29 990 € ou 26 370 € une fois la prime déduite.
Finalement, on peut dire que ce modèle constitue une transition assez facile vers l’électrique : pas trop technologique, immédiatement compréhensible, agréable à conduire et doté d’une silhouette qui a suffisamment de personnalité pour ne pas passer inaperçue. Les clins d’œil à la R4 historique sont là, sans transformer la voiture en objet rétro. Nous n’aurions donc aucun problème à imaginer cette R4 comme voiture principale d’un foyer. À condition de connaître ses limites. Maintenant, vous les connaissez.
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