Faut-il moins bien noter une bonne voiture parce qu’elle est chinoise ?

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Denza Z9S
Denza Z9S

Faut-il moins bien noter une voiture électrique parce qu’elle est chinoise ? Alors que nos essais de modèles venus de Chine suscitent parfois de vives critiques, une question se pose : notre rôle est-il de défendre une industrie ou d’informer nos lecteurs ? Voici pourquoi, chez Automobile Propre, nous refusons de confondre les qualités d’une voiture avec son pays d’origine.

Ces dernières semaines, plusieurs de nos articles, essais et témoignages traitant de voitures chinoises ont suscité des débats animés dans les commentaires. Pas nécessairement parce que nos lecteurs contestaient les mesures, observations ou qualités trouvées à ces voitures. Mais parce que nous les avions publiées. Un commentaire résume assez bien le reproche : « Dire que les VE européens sont moins bien que les chinois est moralement irresponsable. »

La formule mérite qu’on s’y arrête, car elle pose finalement une question assez fondamentale pour Automobile Propre : qu’attendez-vous de nous lorsque nous essayons une voiture ?

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Notre réponse est assez simple : que nous vous disions ce qu’elle vaut. Lorsqu’une voiture chinoise consomme moins, recharge plus vite, offre davantage d’équipements ou présente un meilleur rapport prix/prestations qu’une concurrente européenne, notre travail est de l’écrire. Et lorsqu’elle souffre d’un châssis mal réglé, d’aides à la conduite insupportables, d’une ergonomie ratée ou d’une consommation excessive, notre travail est exactement le même. Changer notre appréciation en fonction du passeport du constructeur ne serait pas faire preuve de patriotisme. Ce serait vous donner une information volontairement biaisée.

Cela ne signifie évidemment pas que le reste ne compte pas. L’origine des batteries et des matières premières, l’empreinte carbone de la fabrication et du transport, les conditions sociales, les subventions publiques, la dépendance industrielle de l’Europe ou encore le contexte politique chinois sont des sujets importants. Nous devons les traiter. Mais ils ne font pas disparaître les qualités ou les défauts intrinsèques d’une voiture.

Nous faisons déjà cette distinction avec Tesla. Un Model Y peut être une excellente voiture électrique. L’écrire ne signifie pas approuver les prises de position ou l’engagement politique d’Elon Musk. Nous pouvons tester la première et, dans un autre article, informer sur le second. Ensuite, chacun est libre d’intégrer ces éléments dans sa décision d’achat.

Et surtout, où placer la frontière ? Prenons la nouvelle Renault Twingo électrique. Elle porte un losange sur son capot, est produite en Slovénie, mais utilise une batterie LFP du géant chinois CATL et un moteur fourni par Shanghai e-Drive. Est-elle suffisamment européenne pour que nous puissions en dire du bien ? Le cas est loin d’être isolé. Renault travaille désormais avec CATL pour ses futures batteries LFP, aux côtés de partenaires comme AESC, LG Energy Solution ou Verkor. Stellantis a lui aussi noué un partenariat avec CATL pour les batteries LFP destinées à ses voitures produites en Europe. Et le Volvo EX30 constitue un autre cas intéressant : conçu sur une plateforme du groupe chinois Geely et initialement produit en Chine, il est désormais également fabriqué à Gand, en Belgique. À l’heure où une voiture peut être dessinée dans un pays, développée dans un autre, assemblée dans un troisième avec une batterie ou un moteur provenant d’un quatrième, raisonner uniquement à partir du drapeau apposé sur le capot devient vite compliqué.

Cela ne veut pas dire que toutes les provenances se valent, ni qu’il faut être naïf face à la domination chinoise de certaines technologies. L’Europe a un enjeu industriel majeur devant elle. Et, à titre personnel, chacun peut parfaitement décider de privilégier une voiture fabriquée en France ou en Europe, de refuser une marque chinoise pour des raisons politiques, environnementales ou sociales, ou de ne plus acheter de Tesla en raison des positions de son dirigeant. Mais ce choix appartient au lecteur, pas au journaliste qui réalise l’essai.

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Notre rôle est de vous donner le maximum d’éléments pour que vous puissiez faire ce choix en connaissance de cause : comment la voiture roule, combien elle consomme, comment elle recharge, ce qu’elle coûte, où elle est fabriquée, d’où viennent ses principaux composants et, lorsque c’est pertinent, dans quel contexte industriel, environnemental ou politique elle s’inscrit. À vous ensuite de décider quels critères comptent le plus.

Car si une voiture chinoise fait mieux qu’une européenne sur certains points, le cacher ne protégera pas notre industrie. Le dire peut, au contraire, aider à comprendre ce que les constructeurs européens doivent améliorer pour rester dans la course. Et nous continuerons donc à appeler une bonne voiture une bonne voiture. D’où qu’elle vienne.

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Pile Poilil y a un jour

Pour répondre au titre de l'article, la note d'une chinoise je m'en contrefiche. Mes valeurs personnelles font que la géopolitique dicte plus mes choix que mon portefeuille et que je préfère manger un sandwich en bonne compagnie qu'un resto avec certaines personnes. Ne changez rien pour moi, je lis juste moins d'articles.

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Beno91il y a un jour

Je vous suis depuis vos débuts, et Pierre depuis ses tours de périphérique, voire avant. Mais là, je trouve votre réponse franchement insuffisante.

Vous présentez un faux dilemme : soit apprécier une voiture sur ses performances, soit biaiser l’information par patriotisme. On peut parfaitement reconnaître ses qualités techniques et intégrer à son évaluation les lieux et conditions de fabrication, l’empreinte environnementale et la contribution à notre industrie. Personne ne vous demande de falsifier une mesure de consommation.

Vous reconnaissez vous-mêmes l’importance de ces enjeux. Pourquoi les maintenir à côté de votre appréciation plutôt que les intégrer à votre référentiel ? Choisir les critères qui comptent constitue déjà un choix éditorial. Les exclure de la notation n’est pas davantage neutre que les inclure.

Votre exemple de la Twingo démontre justement la nécessité de dépasser la nationalité du logo : où sont fabriqués les composants, où se situe la valeur ajoutée, quels emplois et quels savoir-faire l’achat soutient-il ? La complexité des chaînes de production justifie une analyse plus précise, pas une défausse.

La souveraineté industrielle française et européenne est, pour moi, primordiale. Dans ce que je considère comme une guerre industrielle menée par la Chine contre l’Europe, vous ne pouvez pas évacuer cette dimension au nom d’une neutralité technique. À mes yeux, promouvoir le rapport prix/prestations sans intégrer les conditions industrielles qui le rendent possible revient à se faire, même involontairement, complice de cette stratégie.

Je ne vous demande pas de moins bien mesurer une voiture parce qu’elle est chinoise. Je vous demande d’élargir votre définition d’une « bonne voiture ». Une évaluation technique, environnementale, sociale et industrielle donnerait réellement aux lecteurs les moyens de choisir en connaissance de cause.

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FredXil y a 10 heures

Alors vu que je viens juste d’intervenir sur un article qui présentait une énième voiture chinoise, hybride de plus je me sens un peu visé par cet article
Le problème sur les voitures chinoises, c’est que vu leur rythme de sortie de nouveaux modèles, les articles sur elles ont tendance à prendre une place énorme sur la somme des articles.
Donc non je ne demandait pas de fausser les résultats, mais de ne pas forcément faire un grand article à chaque nouveau modèle chinois qui sort, d’autant plus les hybrides que pour ma part je ne vois pas ce qu’elles font sur un site appelé automobile propre…
Je viens juste d’acheter ma troisième voiture électrique et le critère du choix de la marque européenne a été déterminant.
Nous sommes dans une panade folle au niveau économique et j’estime que le choix lors d’un achat de cette importance doit dépasser le simple chiffre en bas de la facture. il en va de la survie économique de nos pays européens face à l’agressivité des chinois notamment.
Aussi bien que je ne demande pas à AP de fausser ses avis, je pense que c’est à l’acheteur de bien réfléchir au moment d’engager une dépense de ce niveau et de savoir ce qu’il veut, un bénéfice court termiste ou bien de profiter de cet achat pour montrer son engagement à aider ses concitoyens européens

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